En bref
L'État se soustrait à ses responsabilités. La CGT défend l'égalité d'accès au service public, des moyens humains et financiers, le maintien des structures spécialisées (IME, ITEP), des AESH avec un vrai statut, et la formation des enseignant·es spécialisé·es.
Le constat partagé
La CGT Éduc'action et l'UFAS CGT (Union Fédérale Action Sociale) ont engagé une réflexion commune sur l'École inclusive, au regard des champs professionnels respectifs.
Les personnels EN et médico-social partagent les mêmes problématiques :
- Conditions de travail intenables.
- Perte de sens dans l'exercice des métiers.
- Désengagement de l'État.
Différenciation à faire
Difficulté scolaire ≠ Handicap.
- Difficulté scolaire : RASED, SEGPA, EREA.
- Handicap : ULIS, SESSAD, IME, ITEP, etc.
Le virage inclusif imposé
Au nom d'un "aller vers" ou "retour vers" les dispositifs de droit commun, l'État :
- Se soustrait à ses responsabilités.
- Ferme les structures médico-sociales.
- Conditionne les financements à l'inscription en milieu ordinaire.
- Impose les PAS (sans bilan ni concertation).
- Pousse au 100% école en milieu ordinaire (charge à l'EN d'adapter).
Conséquences
- Enseignant·es spécialisé·es moins formé·es : 60h vs 730h auparavant.
- AESH précaires, mutualisé·es sur plusieurs élèves.
- Manque de pédopsychiatres dégrade l'accompagnement.
- RASED transformé·es en collègues ressources.
- Pression sur les enseignant·es ordinaires ("trouvez des solutions").
- Familles leurrées par un discours de "compensations adaptées".
- Saturation des RSST par les signalements liés aux comportements.
Revendications CGT
Pour les personnels
- Création d'un véritable statut AESH + titularisation.
- Vraie formation des enseignant·es spécialisé·es (730h) et des PE.
- Augmentation des départs en formation (vs compte-goutte).
- Maintien des RASED dans leurs missions.
- Reconnaissance des PsyEN et augmentation des effectifs.
- Conditions de travail dignes (effectifs réduits en classe).
Pour les élèves
- Maintien des structures spécialisées (IME, ITEP, IEM).
- Développement des SESSAD (55 194 places en 2021, à doubler).
- Diagnostic médical assuré (vs fermeture des CMP, manque de pédopsychiatres).
- Notification MDPH opposable (vs réponse de 1er niveau du PAS).
- AESH dédiée par élève, formée.
Pour les familles
- Information honnête sur les dispositifs.
- Choix des familles respecté.
- Service public garanti (vs externalisation, dispositifs privés).
Au niveau politique
- Cesser le New Public Management dans l'éducation.
- Augmenter les moyens financiers et humains.
- Co-construction avec les organisations syndicales.
- Évaluation des dispositifs existants avant nouvelles réformes.