Plus de 500 PAS déployés depuis 2024 sans bilan. Réponse de "1er niveau" pour tou·tes les élèves à besoins éducatifs particuliers, pas seulement avec MDPH. Substitue les PIAL pour la gestion des AESH. Aggrave les conditions de travail des collègues.
Définition
Les Pôles d'Appui à la Scolarité (PAS) ont été déployés à partir de 2024 (après expérimentation 2024-2025 dans 4 départements). Plus de 500 PAS sont en place sans qu'aucun bilan véritable ne soit présenté aux organisations syndicales.
Le PAS constitue, selon le ministère, la réponse de premier niveau pour répondre aux besoins de compensation pour tou·tes les élèves à besoins éducatifs particuliers (BEP), pas seulement ceux avec reconnaissance MDPH.
Le PAS substitue le PIAL pour la gestion des AESH (mais ce n'est pas complètement vrai dans les faits).
Composition
- Piloté par le·la chef·fe d'établissement, l'IEN, le·la directeur·trice de la structure ESMS.
- Coordonné par un·e enseignant·e spécialisé·e (ou pas !) avec l'appui d'un·e professionnel·le du médico-social.
- Équipe associée : gestionnaire AESH, AESH, AESH référent·e, ERSEH.
Élèves concerné·es (DGESCO - EBEP)
- Élèves en situation de handicap (notification MDPH)
- Élèves en grande difficulté scolaire grave et durable
- Élèves malades
- Élèves allophones nouvellement arrivés
- Élèves issus de familles itinérantes ou voyageur·euses
- Élèves intellectuellement précoces
- Élèves en milieu carcéral
Réponses du PAS
- Aménagements pédagogiques
- Matériel pédagogique adapté (MPA)
- Appui ponctuel de professionnel·les EN/médico-social via :
- Équipes Mobiles d'Appui à la Scolarité (EMAS)
- Dispositifs d'Auto-Régulation (DAR)
Conséquences problématiques pour les AESH
- Extension du périmètre d'intervention.
- Multiplication des accompagnements d'élèves les plus disruptifs (le PAS aura un pouvoir important pour déterminer l'affectation, hors décision MDPH).
- Extension des missions vers le périscolaire (rémunération supplémentaire mais aussi temps de travail et pénibilité).
Conséquences pour les enseignant·es
- Les RASED deviennent des collègues ressources, privé·es de leur mission en classe au profit des élèves en grandes difficultés.
- Saupoudrage d'aides qui ne répond pas aux besoins.
- Sentiment de délégitimation, abandon, doute sur la capacité à gérer les élèves.
Discours mensonger aux familles
Il est fort probable qu'un discours soit tenu aux familles assurant que les besoins seront pris en charge avec des « compensations adaptées ». Si insuffisantes, la pression s'exercera sur l'enseignant·e (et l'AESH).
New Public Management
Management inspiré du privé : « rationaliser le service rendu à l'usager tout en cherchant l'efficacité en minimisant le coût ». Les registres SST sont déjà saturés par les signalements liés à la gestion d'élèves « perturbateur·trices ».